Urgence climatique
Urgence climatique dans nos écoles, suite: Monsieur le Maire, l’urgence climatique exige à la fois du respect et des actes, pas des leçons de comportement.
À la suite de notre interpellation lors du conseil municipal du 8 juin concernant l’insoutenable chaleur dans les classes, les choses bougent. Nous sommes satisfaits de voir que le personnel a pu profiter de l’occasion pour mettre en avant ses propositions. En effet, le débat s’est poursuivi par voie de presse entre Monsieur le Maire et les enseignantes de terrain. Nous tenons à apporter notre soutien aux personnels qui se sont exprimés.
La réponse de Thierry Kovacs, qui persiste à culpabiliser les enseignants sur « l’ouverture des fenêtres à 14h », est non seulement hors-sol, mais profondément culpabilisante et stigmatisante. En déconnexion de la réalité du terrain, Monsieur le Maire brandit les 22 millions d’euros de son « Plan écoles » et cite l’école Jean Rostand comme une école « rénovée ». Pourtant, les propres relevés de la municipalité font état de températures grimpant à 30°C dans les classes dès le mois de mai ! Les systèmes de renouvellement d’air actuels ne sont pas des climatiseurs. Quand l’air devient irrespirable malgré ces systèmes, ouvrir les fenêtres n’est pas une « mauvaise pratique », c’est une tentative de mieux respirer.
Le calendrier climatique ne suit pas le calendrier électoral ou budgétaire. Les scientifiques nous alertent : le phénomène El Niño global en cours va intensifier les anomalies thermiques. Nous ne parlons plus seulement du mois de juin, mais d’un automne qui s’annonce historiquement chaud. Attendre des années de diagnostics et de planifications pluriannuelles pour agir est une faute. Des solutions simples et immédiates existent. Ce que refuse d’entendre le Maire, c’est l’expertise de celles et ceux qui vivent dans ces classes. Les demandes relèvent simplement du bon sens : Le retrait immédiat des rideaux en plastique noir (une hérésie thermique qui emmagasine la chaleur). L’installation d’urgence de films réfléchissants ou de couvertures de survie sur les vitres. La pose de ventilateurs de plafond et des aménagements de temps scolaires vers des lieux frais de la ville. Ces mesures coûtent peu, s’installent en quelques jours et changent tout.
Nous rappelons également notre proposition de peinture réflective et nous balayons l’argument technique avancé par Monsieur le Maire lors du conseil municipal pour l’écarter. Contrairement à ce qu’il a affirmé, la présence de gravillons sur le toit de l’école Jean Rostand n’est absolument pas un obstacle. Les professionnels du secteur savent traiter ces configurations, soit par aspiration des gravillons, soit par l’application d’un liant réflectif adapté. Ne pas faire ces travaux est un choix politique, pas une contrainte technique. Monsieur le Maire, la santé des enfants, des personnels et la qualité de l’enseignement à Vienne méritent mieux que des leçons de bon usage. Nous vous demandons d’engager dès cet été ces aménagements d’urgence et d’ouvrir, enfin, une vraie concertation avec les personnels et les parents d’élèves.
